Architecture
Le château actuel est issu d'une "tour-château" construite pour une fonction de défense : un donjon puis une chapelle le tout entouré d’une enceinte, modèle défini "château primitif" et largement utilisé au Val d'Aoste (Châtel-Argent, Saint-Germain, Graines, Bard primitif...). Il fut par la suite augmenté de nouvelles constructions, au fur et à mesure des occupations successives, des restaurations et des rénovations qu'elles entrainaient, comme lors du passage à la châtellenie. Il fut également touché par des destructions et des dégradations au fil des années, qui ont fait qu'aujourd'hui le château est en ruines. Il est documenté essentiellement par les fouilles archéologiques (on peut encore bien lire sa structure générale, mais plus vraiment dans l'élévation), et quelques mentions documentaires imprécises, ainsi que par les comptes de Pierre Dorchia, document précieux.
La bâtisse se caractérise par une vaste zone fortifiée de 2 800 m2 divisée en deux parties. La partie orientale abritait les différents corps de bâtiment : le donjon, la chapelle, les corps résidentiels et usuels. Le côté occidental était constitué d'une simple enceinte (où les populations pouvaient trouver refuge lors d'attaques ennemies) et comportait la citerne surmontée du colombier.

Plan de la structure du château de Cly.
Le donjon carré, d'une hauteur de 18m et faisant 9m de côté, devait être au départ résidentiel et fut bâti sur le rocher vif pour une question de solidité. Il possède deux hautes ouvertures de chaque côté, un toit aujourd'hui disparu et une entrée à plusieurs mètres de hauteur (comme à Graines) à laquelle on accédait initialement par des échelles en bois qu’on enlevait lors des attaques. Par la suite fut construite une structure de pierre, aujourd'hui écroulée. Le donjon possédait trois étages. On peut remarquer des trous de boulins tout autour de l’édifice qui maintenaient lors de sa construction des échafaudages de bois, et donnaient accès à des ouvertures, rebouchées depuis. Ils traduisent aussi les chantiers qu'il subit. On sait, par exemple, qu'il fut surélevé et restauré après le siège de 1376.
La chapelle, mentionnée pour la première fois dans une bulle papale de 1207, fut sans doute construite dès la fin du 11ème siècle. Au 13ème et 14ème siècles, des fresques y prennent place, superposées au fil des années. Elles représentent, tour à tour, des saints, des anges, les évangélistes et enfin la Vierge Marie. Aujourd'hui, on peut encore relever des fragments de ces fresques mais la négligence et le vandalisme en ont détruits la plus grande partie. D'autres fresques, datant de la même époque et encore lisibles le siècle dernier recouvraient différentes pièces du château. On possède des preuves de ces décorations murales grâce au relevés d'Alfredo d'Andrade et de Nigra au 19ème siècle.
Les corps d'habitation sont aujourd'hui en ruines tout comme les bâtiments ruraux. Des travaux de fouilles archéologiques montrent que ces derniers devaient être composés d'une cave et d'une étable.
La première fonction du château était défensive. La porte d'accès était surplombée d'une bretèche et les remparts, bien conservés jusqu'à la moitié du siècle dernier, sont aujourd'hui partiellement détruits suite à des éboulements successifs. On peut encore remarquer sur ces derniers, des meurtrières classiques, et des meurtrières d’une forme assez rare, concentrique, surprenantes. A l'intérieur de l'enceinte extérieure, on peut identifier deux systèmes de murs qui se développent autour du donjon. Une première enceinte, interieure, et probablement plus ancienne, devait comprendre le donjon seul et la chapelle; ce mur fut ensuite étendu vers l'est pour abriter les nouveaux corps d'habitation. Plus tard, sûrement au 14ème siècle, après le siège du château, l'enceinte prit une extension considérable vers l'ouest, au premier abord sans motif particulier, puisque ce secteur était vide de toute habitation. Cependant, cette partie servait de refuge aux populations environnantes en cas d'attaque et contenait la citerne souterraine du château, précieuse, contenant l’eau amenée jusques là par un système d'aqueduc.



1 Photo en contre-plongée du donjon.. 2 Vestiges de fresques sur le mur absidia de la chapellel 3 Remparts extérieurs et vestiges du colombier dans la partie occidentale du château.
Sa forme et sa position sont typiques d’un château de montagne, lieu de pouvoir dominant et défendant la vallée et les territoires environnants. On rencontre ce type de château ailleurs. C'est le cas en France pour le château aujourd’hui disparu de Charousse, à Passy, en Haute Savoie dont les descriptions de ses contemporains étaient équivalentes à ce qu’est le château de Cly. C'est le cas en Italie, en trentin, pour le château d'Avio, dont le système d'enceintes est assez proche de celui de Cly, et plus généralement des châteaux de type primitif du Val d'Aoste.

Meurtrière de forme particulière.